jeudi 19 septembre 2013

Podcast JDR : Politique et Jeu De Rôle






(Durée 01 : 23 : 18)

Le jeu de rôle est-il un médium propice aux réflexions politiques ? C'est du moins ce que semblent penser les intervenants du podcast de La Cellule. Qu'il soit traditionnel - avec un meneur de jeu et des joueurs - ou bien anarchiste, le jeu de rôle porte en soi des principes politiques. Partage de la parole ; importance de l'écoute ; respect du contrat social ; prise de la parole et de la décision sont le quotidien des rôlistes.


Avec Olivier, Fabien, Cédric et Flavie nous tentons d'étudier les dimensions politique du jeu de rôle. Univers, scénario, système de jeu, système de résolution sont autant d'instruments pour jouer une partition engagée ou suscitant des problématiques sociales. Il y aura des débats et des clashs, parfois totalement hors-sujets. Mais que voulez-vous ? C'est aussi ça "le vivre ensemble".

Bonne semaine à tous ! Portez-vous bien ! Jouez bien politique !

14 commentaires:

Sens (Romaric Briand) a dit…

J'adore ce podcast, mais il n'est pas exhaustif. J'ai l'impression qu'on aurait pu encore parler pendant des heures.

Le débat a été trusté par la question du JDR "tradi" et du JDR "anar". C'est un aspect important du sujet mais ce n'est pas tout le sujet ^^

Le podcast de La Cellule aborde souvent ces questions : la politique et le jeu de rôle, on y reviendra, c'est sûr !

PS : spéciale dédicace à Olivier avec lequel, je partage une grande partie (pour ne pas dire la totalité) de la vision.

thomas a dit…

Excellent podcast j'ai adoré, faites nous une seconde partie SVP !!!

Kco Quidam a dit…

Romaric menteur, je t'ai déjà dit en long en large et en travers que ton jeu (Sens) avait été un gros tournant dans ma vie et ma façon de penser. Je suis pas à 100% d'accord avec lui mais si il a changé pas mal de chose. ;)

Nat a dit…

J'ai pas encore tout écouté, donc on verra plus tard pour un vrai commentaire constructif, mais je tenais juste à dire que l'année prochaine j'exige de participer à un ADN sur Tolkien. Pour rendre au père de l'heroic-fantasy ce qui est au père de l'heroic-fantasy.

Sens (Romaric Briand) a dit…

Hahaha ! =D C'est vrai qu'on l'a un peu malmené le pauvre...

Anonyme a dit…

Tres tres bon podcast!

jeepee a dit…

Vous avez pas mal discuté du jdr et de ses aspects politiques et sociaux en tant que hobby mais peu des histoires et des intrigues politiques qu'on peut imaginer et animer au travers de scénarii. C'est un peu dommage. Le propos du jdr et les histoires qu'on fait vivre autour d'une table sont autant d'occasion d'aborder des problématiques sociales, politiques et humaines.
Quand on me dit politique, je pense aussi aux jdr propices à l'élaboration d'intrigues complexes, à tiroirs avec alliances et trahisons (qui a dit Ambre et le Trône de Fer)...

Alban LE COLLEN a dit…

Je suis d'accord avec Jeepee. Vous passez trop de temps à discuter de jeux anarchistes Vs jeux traditionnels.

Certains jeux traditionnels proposent des choses très politisés. Star Wars et la lutte contre l'oppression de l'empire, Shaan qui parle de camps de concentration sous une dictature humaine, shadowrun puisque c'est un jeu cyberpunk, etc.
Et que dire de Dark Heresy, dans le monde de Warhammer 40K qui te propose pas moins de jouer pas moins que des agents d'une Gestapo au service d'un inquisiteur?

D'accord avec Flavie sur le fait qu'il faille un propos. Mais comme les rolistes n'aiment pas qu'on leur impose des choses. Résultat les jeux tradi' sont souvent timides alors qu'il suffit de préciser le propos et les intentions tout en précisant qu'il ne s'agit que de "guides", pas de dogmes.

Dans le genre éceuil il y a eu les Milles Marches du Grumph par exemple qui posa problème à sa sortie. Jeu d'aventures multi-univers le livre de base contient un univers prêts à l'emploi. LG utilisa naturellement son univers fétiche: un monde cyberpunk où la Belgique a refusé l'ultralibéralisme et s'est transformé en pays où règne l'altermondialisme, l'entraide et l'esprit communautaire. Beaucoup de rôlistes ont été très critiques et n'ont pas apprécié qu'on leur propose de jouer des "gauchistes" cassant du néonazis. Pourtant la campagne proposée est épique et même si je ne partage pas les opinions de son auteur j'ai adoré cette aventure épique!

Pernic Nori a dit…

Je viens de l'écouter, c'était très intéressant ce podcast. Plutôt d'accord avec jeepee et Alban, vous avez malheureusement dérivé vers le débat/clivage habituel "jdr trad" vs "jdr à narration partagé". Mon propre sang n'a fait qu'un tour sur certain propos de Fab (les fameux "avis non éclairés" ou "mal renseignés"). Ayant eu moi-même des expériences peu transcendantes sur ces jeux. Mais tout comme je revendique le droit de ne pas aimer ces jeux ou d'avoir éprouvé/ressenti un "cadre ultra dirigiste/étouffant" dans leur système. Et bien j'accepte aussi l'idée que mon expérience à leur encontre est encore trop jeune (et que je peux donc changer d'avis). C'est juste que c'est agaçant d'entendre toujours les mêmes arguments de leurs défenseurs. Cela dit, je nuance, je sais pertinemment que Fabien a dit cela surement sans aucune méchanceté. Et qu'il a du se sentir acculé à un moment donné. Non Fab m'a paru simplement un peu "naïf" sur la portée politique du JdR. Des années, que je vois des rôlistes mal jouer ou surjouer dans les clichés les plus extrêmes (homosexualité, genre opposé..) Je ne suis donc pas du tout d'accord sur le fait que le "JdR" en lui-même permet aux Joueurs de prendre conscience de quoi que ce soit. Comme cela a été dit, ces choses prennent du temps et nécessite un "travail de terrain". Propos naïfs donc selon mon point de vue. Non... l'intervention la plus intéressante a été (de loin) Flavie. Car elle m'a fait prendre conscience que j'étais probablement un MJ sexiste (arf). Car j'ai le tord de parfois chouchouter mes Joueuses au détriment de mes Joueurs (du moins à être un tantinet moins sadique avec ces dernières). Et l'air de rien son argument a fait mouche en moi. C'est un tord d'agir différemment. Bravo à elle sur ce point donc. Pour le reste, j'ai trouvé que Fab insistait trop là encore sur le rôle de la femme (c'était pas le sujet, car si combat politique, ne définit pas TOUTE la politique dans son ensemble). Flavie l'a fait d'ailleurs judicieusement remarqué (encore elle la bougresse). Mais ça me plairait bien un autre podcast sur les conceptions des femmes et des hommes sur le JdR. On ne serait plus dans le simple cadre de la politique, mais ça serait intéressant de confronter nos points de vues de Joueurs et de Joueuses. D'accord également sur le fait que le contrat social permet d'imposer la nature du rôle (les résistants). Après je pense que c'est la qualité du narrateur qui fait que le Joueur se sent acculé/forcé et donc se rebiffe (prend le contre-emploi) ou pas. (pardon pour le pavé)

Yohan a dit…

Par rapport aux joueurs qui retournent leur veste (dans Sens mais aussi dans d'autres jeux) je pense que c'est avant tout le fait de deux facteurs.

-> La mécanique de base du jeu de rôle c'est le choix. A moins que le scénario soit complètement linéaire, une partie de jeu de rôle voit le joueur faire une successions de choix pour son personnage, choix qui permettent à l'histoire de se développer. C'est un des aspects les plus jouissifs du jeu. Donc si l'on crée une opposition binaire entre deux groupes dans un jeu de rôle, et qu'on place d'office les joueurs dans un des deux groupes, le seul choix à même de faire évoluer la fiction de façon immédiate et radicale est de changer de camp.
-> Cette option semble bien plus attrayante pour la plupart des joueurs, car elle implique un renouvellement de l'histoire, un approfondissement du personnage etc... Et passer du coté obscur, même si c'est caricatural, c'est une façon très efficace de créer un personnage mémorable et très intéressant à jouer. Et c'est trop D4rk.

Yohan a dit…

Par rapport aux joueurs qui retournent leur veste (dans Sens mais aussi dans d'autres jeux) je pense que c'est avant tout le fait de deux facteurs.

-> La mécanique de base du jeu de rôle c'est le choix. A moins que le scénario soit complètement linéaire, une partie de jeu de rôle voit le joueur faire une successions de choix pour son personnage, choix qui permettent à l'histoire de se développer. C'est un des aspects les plus jouissifs du jeu. Donc si l'on crée une opposition binaire entre deux groupes dans un jeu de rôle, et qu'on place d'office les joueurs dans un des deux groupes, le seul choix à même de faire évoluer la fiction de façon immédiate et radicale est de changer de camp.
-> Cette option semble bien plus attrayante pour la plupart des joueurs, car elle implique un renouvellement de l'histoire, un approfondissement du personnage etc... Et passer du coté obscur, même si c'est caricatural, c'est une façon très efficace de créer un personnage mémorable et très intéressant à jouer. Et c'est trop D4rk.

Pernic Nori a dit…

"Cette option semble bien plus attrayante pour la plupart des joueurs, car elle implique un renouvellement de l'histoire, un approfondissement du personnage etc..."

Oui j'aime assez cette idée. Mais on en revient à la qualité du narrateur. Le MJ propose-t-il des missions assez variées ? Des dilemmes moraux intéressants pour ses Joueurs ? Si ce n'est pas le cas, alors oui, on en revient effectivement à une attitude de rébellion :

"Je me fais chier, je vais changer les choses, changer de camp, histoire de retrouver du plaisir dans l'histoire, etc..."

Mais pour en revenir à la notion de Politique, je la conçois plus de manière "réaliste" et humaine.

Dans le sens : telle qu'elle pratiqué réellement de nos jours. Et non selon sa définition philosophique.

Autrement dit : magouilles & compagnie.

Car si la Politique se veut saine au départ (du moins à but louable : régir la cité, faire de nous des civilisés non des bêtes). Ce sont des notions, bien qu'intellectuellement intéressantes, totalement fictives et illusoires sur le terrain.

De nos jours les politiciens sont davantage des stratèges, des communicants et des bonimenteurs. Et je doute fortement qu'il se soucient encore du bien être de leur concitoyen (du moins pas ceux qui réussissent et font carrières). Le jeune qui débute, encore, je veux bien lui accorder le bénéfice du doute (encore que...)

Le but est simplement d'obtenir le pouvoir. Et une fois que l'on a, tout faire pour le garder. Le reste n'est que communication et écran de fumée...

Tout ça pour dire que je ne vois pas pourquoi en JdR, "la notion de Politique" devrait être différente que celle de Machiavel => Divise et Règne !

C'est pourquoi j'ai toujours aimé les jeux qui incluait une notion d'intérêt clanique et des magouilles internes (au-delà de l'intérêt du seul groupe).

Ex : Vampire, L5R, Shadowrun...

Tout en détestant profondément les systèmes de résolution à "brouette de dés".

Je parlais juste de l'intérêt de la notion de Politique en tant que :

"l'histoire dans l'histoire..."

Ou "la trahison intelligente" (sur le long terme) celui qui va saboter mais de manière subtile. En opposition au "traître immédiat" qui va juste foutre le scenar en l'air.

Même si cela oblige à sélectionner des Joueurs expérimentés pour ce genre de travail.

De ce point de vue là, la Politique me semble intéressante dans le JdR.

Une manière justement d'approfondir l'histoire, de la rendre un tout petit peu plus compliquée, réaliste et donc intéressante...

Christoph a dit…

Hello

Pour apporter un autre éclairage sur ce sujet, voici un billet de blog de Mutos discutant des partis pris dans Patient 13, Billet Rouge et Perfect Unrevised, en tant que textes.

Olivier a dit…

Merci Rom pour la dédicace !

J’ai adoré retrouver cette conversation et j’ai déjà envie de refaire un autre podcast sur ce même sujet…

Concernant ton souhait de défendre Tolkien, Nat, j’écouterai ton point de vue avec intérêt mais me ferrai volontiers l’avocat du Diable à cette occasion. L’auteur mérite peut-être beaucoup d’admiration mais son héritage (idéalisation implicite de valeurs réactionnaires, classification et hiérarchisation de tous) est étouffant et doit être « désappris » si la fantasy veut se renouveler.

Quant au fait que les politiciens, comme le dit Pernic Nori, sont souvent davantage des stratèges que des idéalistes, on ne peut qu’être d’accord avec cette position mais la politique ce n’est pas que les politiciens. C’est aussi ceux qui se révoltent, s’en foutent, sont manipulés, ont des idéaux etc… Ça aussi c’est de la bonne came pour les parties de JDR.

Dernière réflexion : je trouve que notre débat JDR tradi – JDR innovants illustre assez bien mon idée de malléabilité du propos développée dans le podcast précédent, je suis assez fier de cette idée…

Olivier.

PS : génial, le blog de Mutos ; ils ont effectivement été frileux les auteurs de P13 (jeu que j’adore).